Jean-Marie Le Pen et le paradoxe des sept mandats d’eurodéputé

« Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes » - Jean Monnet

Jean-Marie Le Pen et le paradoxe des sept mandats d’eurodéputé

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Cette semaine, on a appris que Jean-Marie Le Pen souhaitait être encore eurodéputé et était prêt à rejoindre la liste du Rassemblement national de sa fille. Ainsi, l’homme qui déteste le plus l’Union européenne veut encore fréquenter les bancs d’un hémicycle qu’il conchie. Et cela fait déjà sept mandats qu’il le fait !

Certes, il le fait pour plusieurs raisons qui n’ont rien à voir avec un intérêt pour ou contre l’Europe. Premièrement, cela montre qu’il est toujours en vie alors que des rumeurs ont annoncé sa fin prochaine et que son grand âge de 90 ans laisse à penser qu’il va se retirer définitivement.

Deuxièmement, parce qu’il sait qu’il ne peut plus prétendre à rien tout seul et que s’il veut être élu et continuer à exister politiquement, il a besoin d’un mandat. Troisièmement, parce que cela lui permet de mettre en avant Bruno Gollnisch (qu’il souhaite comme tête de liste) et d’incarner ainsi un courant traditionaliste au sein du RN qui a bien du mal à définir qui mènera le combat des européennes en 2019.

Avoir accès au magot européen

Mais il y a aussi une autre raison. Il est bien plus facile pour l’extrême droite d’avoir des élus au Parlement européen qu’à l’Assemblée nationale. C’est pour cela que l’extrême droite se divise autant pour les européennes, entre le RN de Marine Le Pen, DLF de Dupont-Aignan ou les Patriotes de Philippeau. Chacun espère avoir sa part du magot européen. Car c’est bien cela que visent les nationalistes : avoir des fonds grâce à leur mandat d’eurodéputé et pouvoir payer ainsi une partie de leurs troupes.

L’extrême droite n’a toujours pas compris du reste en la matière que si les autres partis font de même, il faut tout de même sauver les apparences. C’est du reste pour cette raison que le Parlement européen s’est porté partie civile dans l’affaire des assistants d’eurodéputés. On ne peut pas payer un assistant censé être à Bruxelles qui ne soit jamais là. C’est de l’argent public, on ne fait pas n’importe quoi, même si on abhorre l’Union européenne.

L’Europe, ça rapporte

C’est un paradoxe de constater que l’enceinte la plus représentative pour les partis d’extrême droite est bien cette Union européenne qu’ils accusent de tous les maux dans leur discours. Dans le cas de Jean-Marie Le Pen, il faudrait interviewer un psychologue pour comprendre cette volonté de se représenter mandat après mandat.

Dans le cas du père de l’actuelle présidente du RN, il s’agirait en 2019 d’un huitième mandat ! Élu depuis 1984, il devrait tout de même convenir que l’UE, ce n’est pas si mal… En effet, si on considère qu’un élu européen touche en moyenne au moins 6 000 euros, on peut considérer que Jean-Marie Le Pen aura perçu près de 2,5 millions d’euros en 35 ans de mandat…

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