Si la France était gérée comme l’UE, une région RN bloquerait l’ensemble du pays

« Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes » - Jean Monnet

Si la France était gérée comme l’UE, une région RN bloquerait l’ensemble du pays

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Si tout n’est pas parfait dans les démocraties nationales dans l’Union européenne (UE), on ne peut que regretter que la démocratie représentative ne soit pas appliquée au niveau supranational. En effet, l’architecture institutionnelle de l’UE permet à un Etat de bloquer tous les autres.

Cet état de fait a une logique. La construction sui generis de l’UE a permis de trouver un équilibre entre volonté des Etats de se reconstruire après la Seconde Guerre mondiale ou la chute de l’empire soviétique et perspective de créer une démocratie supranationale. C’est pour cela que les intérêts des Etats sont représentés par les chefs d’Etats et de gouvernements au sein du Conseil européen. C’est ce contexte historique qui leur a donné un pouvoir plus fort et surtout le dernier mot face à leurs deux autres partenaires : la Commission et le Parlement européen.

Un système favorable aux populistes ?

Mais force est de constater que si ce système était appliqué à la France, les citoyens n’en voudraient pas. Le correspondant du Wort Luxembourg à Bruxelles, Diego Velasquez, a illustré cette situation en citant la chercheuse politique Ulrike Guerot. Il écrit : « dans une UE plus démocratique, les populistes représenteraient plus ou moins 20%, ce qui leur donnerait presque aucun pouvoir. Dans une Europe intergouvernementale, un gouvernement populiste peut tout bloquer. L’actuelle architecture institutionnelle est favorable aux populistes. »

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Bien sûr, l’exemple est un peu caricatural : dans une démocratie parlementaire, un parti à 20% peut finir par peser sur le débat politique de manière très importante si ses adversaires ne sont pas puissants de leur côté. Cependant, on voit bien là le défaut du poids de l’intergouvernementalisme au sein de l’UE aujourd’hui.

Dans ce système de démocratie internationale, les chefs d’Etats et de gouvernements ne représentent qu’une majorité d’électeurs ayant voté et appliquent une politique visant à favoriser les intérêts nationaux voulue par cette partie des électeurs. Au final, ce système empêche toute éclosion d’une démocratie européenne.

Si ce système était appliqué à la France

Parfois, quand on projette au niveau national ce qu’il se passe au niveau européen, on s’aperçoit d’une forte incohérence. C’est le cas de cette architecture institutionnelle sui generis.

Ainsi, en France, c’est comme si un gouvernement RN en région PACA empêchait toute réforme fiscale au nom de sa souveraineté régionale. Ou qu’une coalition de régions avec à leur tête des exécutifs anti-migrants refusaient qu’on aide la Corse où tous les bateaux de migrants arriveraient.

Ces exemples ne sont pas farfelus et rappellent des situations existantes dans l’UE actuelle. Il n’y aurait même pas besoin d’un gouvernement d’extrême droite pour qu’ils aient lieu. Présentés ainsi aux citoyens, ils feraient clairement l’objet permanent de débats sur ses changements.

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