Les midterms oui, mais les Spitzenkandidaten non ?

« Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes » - Jean Monnet

Les midterms oui, mais les Spitzenkandidaten non ?

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Il est intéressant de voir comment nos médias se concentrent tant sur les « midterms », ce moment important de la vie politique américaine. Ces élections vont renouveler l’ensemble des sièges de la Chambre des représentants, et plus d’un tiers du Sénat. Autant dire que Donald Trump risque de perdre beaucoup à cette occasion.

Compliqué à expliquer mais le boulot est fait

C’est compliqué à expliquer, c’est en décalage horaire, c’est sur un autre continent, mais la plupart des médias vont faire une édition spéciale à cette occasion. Nous aurons la chance de lire de très nombreux sujets sur les midterms, qui nous permettront de comprendre ce qu’il se passe réellement.

Et c’est tant mieux. Les Etats-Unis sont plus qu’une obsession française, ils sont au cœur de très nombreux sujets internationaux de premier plan et l’affaiblissement ou non de leur président n’est pas une mince affaire. Surtout avec une personnalité aussi controversée que Donald Trump aux manettes.

Mais on se demande parfois pourquoi tant d’emballement alors que les élections européennes ne suscitent que de l’indifférence polie.

Les Européennes ne sont pas plus compliquées…

Pas une obsession l’Europe ? C’est un des sujets centraux de nos discussions depuis des années, que cela soit pour la contester, parler d’un texte adopté ou de se plaindre de ce qu’elle ne fait pas.

Compliquée l’Europe ? Pour les élections européennes, c’est beaucoup plus simple que les élections américaines, car rapidement on sait qui a gagné ce scrutin à la proportionnelle. A 22 h le 26 mai 2019, on aura une idée claire de qui va dominer le Parlement européen. 

Impossible d’écrire Spitzenkandidaten ? A la rédaction de Ouest-France, j’ai entendu des collègues se prendre la tête pendant plusieurs minutes pour savoir comment on écrivait midterms exactement. Une fois que c’est dit, il n’y a plus de discussion. En vrai, c’est pareil pour les mots allemands, mais c’est plus long à écrire peut-être…

Ce qui apporte plus de difficultés avec les élections européennes, ce sont les réactions diverses des membres du Conseil européen. Plus les enjeux nationaux qui s’ajoutent à la dimension européenne.

Pourtant un désintérêt médiatique

Mais certaines rédactions parisiennes ont déjà prévu que « les élections européennes n’intéresseront pas les gens ». Il est vrai que cela fait moins de clics. Evidemment, à force de ne pas en parler…

Hier, l’annonce du retrait de Maros Sefcovic dans la course à devenir Spitzenkandidat des sociaux-démocrates s’est faite dans l’indifférence générale en France. On se dirige donc vers un affrontement entre Frans Timmermans et Manfred Weber, grand favori du principal parti de droite, le PPE.

Mais comme Macron fait tout pour que son groupe européen, lié à l’ADLE, mais pas seulement, ne présente pas un candidat, on n’est pas sûr qu’on ait une vraie course aux Spitzenkandidaten à la fin. Cela brouille le message, il est vrai.

Il est surtout clair que si on parlait plus des Spitzenkandidaten, Macron serait dans l’obligation de soutenir un candidat, qui aurait pu être la Danoise Margrethe Vestager. On aurait eu une vraie campagne en tant que telle avec des personnalités claires.

En l’espèce, c’est le rejet par les médias des questions européennes qui a un impact sur le niveau d’intérêts pour les élections de mai 2019. Nous ne jouons plus réellement notre rôle de contre-pouvoir et nous laissons avoir par ce que veulent les politiques nationaux.

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