L’écologie au cœur des prochaines européennes ?

« Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes » - Jean Monnet

L’écologie au cœur des prochaines européennes ?

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Manifestations importantes de Gilets jaunes en France, mobilisation contre le prix des carburants en Bulgarie, débats autour de l’interdiction du diesel en Allemagne… Les sujets liés à la transformation écologique sont nombreux à agiter les citoyens de notre continent. De là à en faire le sujet majeur des prochaines élections européennes ?

Les débats autour du prix du carburant ont permis de mettre au cœur de l’actualité ces derniers jours en France la notion de lutte contre le changement climatique. A ceux qui réclament de l’aide sur le prix du carburant, le gouvernement répond : c’est un moyen de pousser les citoyens vers des voitures plus propres.

Ailleurs en Europe aussi…

En Bulgarie, le prix du carburant mobilise aussi les citoyens… mais ceux-ci dénoncent la corruption dans le pays et aimeraient que les taxes collectées servent vraiment au pays.

En Allemagne, il y a un gros débat sur l’autorisation ou non de la circulation des voitures roulants au diesel sur certaines portions de routes très fréquentées. Un peu comme si on interdisait les diesels sur l’autoroute qui sert de périphérique à Tours…

On arrive à la confrontation des idées sur la lutte contre le changement climatique et ses conséquences pour les citoyens. Ce débat traduit en fait plusieurs questions de société auxquelles les différents camps politiques doivent proposer des solutions politiques.

A priori, les écologistes sont les mieux armés, mais ils risquent aussi d’être enfermés dans un camp. Ce sujet fera en tous les cas débat lors des prochaines européennes.

Autres sujets : migrants et populisme

Mais il ne sera pas le seul. Deux autres débats traversent tout le continent. D’abord la politique migratoire. Le mea culpa d’Angela Merkel lors de son discours au Parlement européen la semaine dernière était tout autant intéressant sur le fond que calculé politiquement. La chancelière a reconnu qu’elle n’aurait pas dû prendre seule sa décision d’accueillir les réfugiés en 2015… car cela a eu de très nombreuses conséquences pour les pays autour de l’Allemagne. Une manière d’écouter ses partenaires européens et d’envoyer un signal à toute une partie des électeurs de droite dans son pays.

Le sujet migratoire sera la musique de fond des prochaines élections. Il va permettre à tous les partis nationalistes de développer leur discours habituel sur la faute de l’étranger et les dangers supposés de l’islam en Europe.

Du reste, tous les partis, populistes ou de gouvernements, en ont fait un thème majeur des prochaines élections européennes. Tous leurs programmes en parlent, que cela soit au niveau européen ou au niveau national…

Autre sujet majeur : la montée des populismes. Un sujet qui n’a pas de réponse politique en soi pourtant. Il s’agit juste d’une analyse, il n’y a pas de loi pour l’interdire ou le limiter. Mais Emmanuel Macron en a fait son principal thème de campagne, tout comme ses principaux adversaires, les partis eurosceptiques : faire des européennes un affrontement entre les pro-européens et les nationalistes. Cela ne donne pas de contenu politique à chaque camp, mais cela leur donne un cadre général qui permet de compter les siens.

D’autant plus que cela fonctionne pour tous ceux rejettent les anciens partis : les intentions de vote pour les candidats de Mélenchon, Le Pen et Macron sont ainsi en tête des sondages. Mais Emmanuel Macron devrait faire attention à la montée des… écologistes.

La montée des écolos aux dernières élections

En effet, les écologistes font non seulement traditionnellement des bons scores aux Européennes, mais ils constituent aussi une offre politique alternative chez les pro-européens. Tout d’abord, le changement climatique ne s’arrête pas aux frontières nationales, c’est une évidence. Les écologistes ont ainsi réalisé de bons scores aux dernières élections régionales, communales ou nationales un peu partout en Europe : en Belgique, en Suède, en Bavière ou en Hesse.

De manière plus surprenante, les écologistes dits « pragmatiques » ont pris des voix aux partis traditionnels de droite…

En France, ce schéma pourrait ne pas s’appliquer parfaitement, car l’offre politique alternative aux partis traditionnels chez les pro-européens est déjà cannibalisée par le parti d’Emmanuel Macron… Mais qui sait ce qu’il se passera si le président de la République continue à perdre de nombreuses voix ?

A droite, la ligne incarnée par Laurent Wauquiez détourne toute une partie de l’électorat pro-européen des Républicains.

De là à imaginer que les écologistes (ou une liste mettant fortement cette thématique en avant) soient la surprise des prochaines européennes… mais il faudra alors avoir un discours cohérent sur les deux autres thématiques : immigration et lutte contre le populisme.

Les dernières élections en Bavière ont montré que c’était possible.

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