Le Brexit révèle le côté nationaliste (ou néolibéral) de François Lenglet

« Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes » - Jean Monnet

Le Brexit révèle le côté nationaliste (ou néolibéral) de François Lenglet

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L’économiste et chroniqueur régulier à la télévision, François Lenglet, est revenu dans sa chronique pour RTL de lundi 14 octobre sur l’arrivée prochaine du Brexit. On y découvre une anglophilie surprenante.

François Lenglet aime l’Angleterre et regrette son départ. Mais ce n’est pas à cause des conséquences sur l’économie du continent du Brexit. Si on sent dans ce billet une amertume à voir Londres partir, c’est parce que les Britanniques ralentissaient la construction européenne et qu’il trouvait ça très bien…

Réagissant aux propos provocateurs de Dominique Strauss-Kahn se disant « Brexiter », François Lenglet a estimé « que les Anglais vont nous manquer ». Il faut des empêcheurs de tourner en rond. Antifédéralistes à bloc, ils ont empêcher certains transferts de souveraineté. Par exemple en matière fiscale. Qui peut s’en plaindre alors qu’on voit aujourd’hui que ces transferts sont récusés par les opinions publiques ? Si Londres n’avait pas été dans le Marché commun, à coup sûr on aurait déjà un impôt européen. On a déjà quoi faire avec ceux nationaux. On aurait alors plusieurs pays prêts à sortir… »

L’argument laisse pantois : ils ont empêché l’Europe politique ! On voit bien là tout le Vieux monde s’exprimer : on a besoin de l’Europe, mais il faut surtout qu’on reste, nous les Français, au premier rang et qu’on ait l’impression de pouvoir décider de tout, tout seul de préférence.

Or, quand on voit actuellement les discussions au sujet du futur budget européen, on se dit qu’il faudrait justement arrêter de laisser les gouvernements décider seuls en dictant quel argent de poche (1% des PIB nationaux…) ils laissent à l’UE. Un impôt européen permettrait à la Commission européenne, contrôlée par les eurodéputés, de mener certaines politiques qui demandent des projets massifs au niveau européen (environnement, défense, infrastructures) pour pouvoir agir en commun sans perdre de l’argent en laissant chaque pays aller dans la direction qu’il le souhaite…

On voit bien le paradoxe : François Lenglet veut aller à la vitesse d’un escargot sur la construction européenne, car « les peuples n’en veulent pas ». Mais c’est justement parce que nous sommes dans un entre-deux qui n’est pas efficace que se nourrit le rejet de l’Europe dans certaines couches de la population.

Voilà en tous les cas une intervention qui montre tout l’euroscepticisme de certains chroniqueurs qui s’affichent pourtant en tant que pro-européen.

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